Septembre 2022, 3h du matin, avant-dernier soir de notre petit tour à vélo en France. Fiona prise d’une insomnie s’éprend à rêver de nouveaux défis. Il ne reste pas beaucoup de temps avant notre grand départ à vélo (article coming soon) et la saison hivernale est devant nous alors que la plupart des épreuves cyclistes qui nous intéressent sont derrière. Alors vient sur le tapis de ses pensées, des sports praticables toute l’année comme le trail ou la course à pied. Sans jamais en pratiquer régulièrement, nous avons tous les deux toujours rêver de courir la mythique et inaccessible distance du marathon. Ça nous paraît difficilement atteignable ? Raison de plus de se lancer.
Fiona, sur son téléphone portable, alors que Bryan dort paisiblement à ses côtés, tape « liste marathons 2023 ». Il n’a pas fallu scroller longtemps pour découvrir que le premier marathon de l’année de ce long listing international, se déroule ni plus ni moins …en Suisse ! Et pas n’importe lequel, celui du Nouvel an de Zürich et qui dit nouvelle année, dit départ à minuit pile. Ni une, ni deux, les planètes sont alignées ! Quoi de mieux qu’un challenge sportif et atypique pour commencer notre année.
Quelques heures plus tard, Bryan se fait réveiller avec l’idée de ce nouveau défi. Le temps de reprendre ses esprits qu’il ne mettra pas long à accepter cette folle proposition. D’ailleurs, nous dormons le soir même à Nîmes, dernière étape de notre séjour et vous ne devinerez pas comment s’appelait le logement que nous avions réservé à l’avance. Le 42 ! Coïncidence ? Fiona ne le pense pas !
A notre retour de vacances, nous nous mettons gentiment au footing (sans trop savoir où cela va nous mener, 1 à 2 fois par semaine, intercalé entre nos précieux entraînements de Crossfit. Nous remarquons vite qu’il nous faudra des chaussures plus adaptées mais pas assez vite pour les acheter avant que Fiona ne se blesse sur un bête pas de côté. Béquille, arrêt et repos forcé annoncent la couleur des deux prochaines semaines. Heureusement cela coïncide parfaitement avec une semaine de vacances en Crête pour un mariage. Nous voyons donc les bons côtés de cette situation mais cela ne demande pas trop d’efforts quand ces derniers s’apparentent à une villa avec piscine et vue sur mer.
Il s’avère même que pendant cette semaine entre amis, nous échangeons avec deux passionnés de course à pied qui participeront aussi au Neujahrsmarathon et qui nous donnent de très bons conseils, dont celui de nous entraîner avec Campus Coach, une application offrant un premier planning d’entraînement de 12 semaines. Le calcul est vite fait, il nous manquera une semaine mais on va tout essayer.
A notre retour en Suisse, le pied de Fiona va mieux et cerise sur le gâteau, après avoir fait un concours vidéo sur Instagram pour une banque en ligne, elle gagne et reçoit une montre Garmin. (Quand on vous dit que les planètes sont alignées ! – D’ailleurs encore merci à tous les votants qui ont contribué à cette réussite.)
Nous entamons donc 11 semaines de préparatifs à raison d’environ 2 entraînements de course à pied dictés par notre programme, 1 session de Crossfit, 1 de Power Balance et quelquefois un peu de vélo, par semaine.
En cours de route, on réussit même à motiver deux amies à se joindre à nous le 31 décembre. Partager ce challenge entre copains nous motive encore plus !
Les semaines avancent et ne se ressemblent pas. Certains entraînements sont faciles, tandis que d’autres peuvent paraître insurmontables. Nous arrivons toutefois au bout de tous et à chaque fois avec une certaine fierté. Deux semaines avant la course, nous passons la barre symbolique du semi-marathon ! Nous en sommes vraiment contents et fiers, alors qu’il y a moins de 10 semaines nous ne courrions pas. Mais ça nous angoisse aussi un peu de savoir que le jour J, ce sera le double de distance que nous devrons parcourir.


Mais comme pour chaque chose, nous avançons étape par étape. Encore plus pour cette course, puisqu’il s’agira de parcourir 4x la même boucle de 10,55 km au bord de la Limmat. Comme nous l’avons si bien appris en écoutant podcasts et regardant pléthores de vidéos, il ne faut pas voir l’entier de la montagne à gravir mais bien la découper en petits objectifs à atteindre.
Comme pour la Race Across France avec le vélo, ce défi nous (ré)apprend à connaître notre corps et comment travailler avec lui pour mener à bien cette mission. Comment s’hydrater, s’alimenter, s’habiller etc. Heureusement, nos expériences durant la dernière année nous aident beaucoup à ces niveaux-là.
Le temps passe très vite et nous nous retrouvons rapidement le 31 décembre dans le train pour Schlieren avec nos deux compères. L’ambiance est au beau fixe et entourés de personnes vêtues d’habits de Fête nous roulons confiants vers la ligne de départ.
L’excitation est bien là et le stress un peu aussi. Mais comme d’habitude nous avons fait tout ce que nous pouvions dans le temps imparti, nous avons donc hâte qu’il soit minuit.


3, 2, 1. Bonne année !!! A peine le temps de tous se taper dans les mains que nous voilà passés l’arche de départ. Nous sortons de la salle pour découvrir des volcans pyrotechniques et surtout des centaines de feux d’artifices tout autour de Zürich ainsi que des centaines de petites lampes frontales qui éclairent la nuit. Magnifique, il y a de quoi avoir des frissons.
Sur un chemin blanc étroit, beaucoup de personnes se dépassent pendant les premiers mètres et kilomètres. Fiona doit rapidement régler sa lampe frontale (qu’elle pensait avoir correctement ajustée) et attrape un point. La pression qu’elle se met toute seule pour cet événement et le stress général accentue son souffle court et cela n’aide pas. Bryan passe le premier tour à la motiver dans cette étape difficile. Mais ayant l’impression d’être un poids pour Bryan, Fiona lui ordonne de continuer le marathon sans elle pour essayer d’y arriver à temps. Nous nous séparons donc au début du second tour.
Pour Fiona, le départ de Bryan est un soulagement. Il pourra enfin courir à son rythme et elle ne mettra plus en péril sa performance. C’est là que résonnent les paroles des gens qui lui ont dit de prendre du plaisir. Nous savions qu’avec notre programme de 11 semaines et notre allure moyenne, nous n’avions que très peu de marge par rapport à la barrière horaire pour entamer le dernier tour à maximum 3h45 (et terminer le marathon en max 5 heures autorisées). Cet objectif s’envole peu à peu… Mais si ce n’était pas si grave ? Après tout, même faire 3 tours serait un exploit et un record personnel ! Elle décide alors d’accepter que ça ne va pas aussi bien que ce qu’elle avait imaginé et que marcher n’est pas une honte. On ne court pas pour les qu’en-dira-t-on mais bien pour son plaisir personnel. Une fois ceci rétabli, Fiona alterne marche et course à pied malgré les douleurs et surtout, prend beaucoup plus de plaisir.
Pour Bryan, le départ se passe à merveille et les deux premiers tours comme sur des roulettes. Sauf que, c’était sans compter une énorme douleur qui arrive sans prévenir au début du 3e tour. Le mur du marathon ? Appeler ça comme vous voulez mais les jambes sciées, il s’arrête net et se recroqueville de douleur, à deux doigts de crier. Les prochains kilomètres vont être très compliqués au point que l’idée de revenir en arrière lui passe par l’esprit, c’est dire. Mais comme appris grâce à une Gravelman, « Start with legs, finish with mental ». Bryan met donc toute sa volonté à continuer ce tour tant bien que mal. Le rythme ralentit drastiquement mais il ne lâche rien.
Environ 2 km avant la fin, Fiona trottine joyeusement en traversant l’avant-dernier poste photo du parcours. C’est alors qu’elle voit devant elle quelqu’un qui marche et ressemble drôlement à Bryan. Mais c’est lui ! Alors que nous nous étions laissés après environ 11-12 km nous nous retrouvons au 30e km environ. Quelle surprise et quelle motivation à finir ce marathon comme il a commencé : ensemble.

Il est 4h et nous savons que nous avons loupé la barrière horaire pour entamer un 4e tour (l’envie mentale n’aurait pas manqué, il en est peut-être autrement pour le corps, nous ne le saurons jamais), peu importe. Nous nous motivons à courir les dernières centaines de mètres qui nous séparent de l’arche qui marquera la fin de ce sacré challenge. 4h15 et 32 km plus tard, nous nous prenons dans les bras.
Les jambes ont piqué très fort les minutes qui ont suivi puis ont ensuite laissé la place à des heures d’endorphines. Une fois encore, notre corps et notre mental nous ont prouvé de quoi ils étaient capables avec quelques semaines d’entraînements et d’adaptations à une discipline qui nous était presque inconnue. Nous avons trouvé dans ce challenge tout ce que nous étions venu chercher, si ce n’est à 10 km près. C’est également une des plus belles manières de commencer cette année 2023 qui s’annonce si spéciale.
Sinon, quelques jours plus tard, nous avons juste envie de nous réinscrire à un marathon, repartir courir ou nous mettre au trail. Toute une musique d’avenir qui augure certainement de beaux projets tôt ou tard.
Dans tous les cas, si vous cherchez comment passer un nouvel an autrement, on ne peut que vous recommander cette course accessible en 10, 21 ou 42 km, voire 32 pour certains. 😉
Et P.S. Encore un grand BRAVO à nos deux amis, Marinette et Justine, qui ont également explosé leur record personnel grâce à leur très bons entraînements ainsi qu’aux deux passionnés de course à pied, Jodie et Quentin pour avoir atteint leur objectif.